Cahier spécial - Du côté de la salle de bains 2017Dernières tendances dans de la salle de bains 2018
Année paire : les acteurs du sanitaire se sont retrouvés à Milan, le nouveau lieu du design de la salle de bains. Un design toujours plus présent et pointu, mais qui ne serait rien s’il ne s’accompagnait pas de nouvelles solutions techniques. Le point sur l’un et les autres.

La salle de bains change, évolue, avance et se réinvente à la vitesse grand V. En témoignent les différents salons professionnels qui la mettent en scène, où l’on a pu faire, cette année encore, de nouvelles découvertes :


• Plus de couleurs, très franches ou, carrément à l’opposé, très pastel,
• De plus en plus de vasques et cuvettes WC revisitées grâce à ces nouvelles céramiques reformulées,
• Des miroirs immenses (en pied, toute hauteur…) ou travaillés comme des tableaux, qui deviennent partie prenante de la décoration, découpés pour mieux s’imbriquer dans le plan de toilette,
• Des meubles parfois déstructurés mêlant plusieurs matières (métal, bois cannelé ou brut, grès cérame fin, matériaux de synthèse, verre fumé…), finitions et/ou couleurs, mais aussi les jeux de vides et de pleins grâce à des rangements ouverts ou fermés,
• Des points d’eau très larges et peu profonds posés au sol,
• Des parois de douche, parfois toute hauteur, d’autres fois courbes, mais de plus en plus souvent moins transparentes grâce au verre translucide, fumé, miroir, sérigraphié, incrusté de tissu ou structuré qui, encadré de profilés aux finitions précieuses et coordonnées à la robinetterie, se transforme en cloisons pour structurer les espaces dans la salle de bains,
• Des robinetteries personnalisables grâce à des jeux étonnamment variés de finitions, de couleurs et de matières, à appliquer sur les croisillons, rosaces, embases…
• Des robinetteries alimentées par le plafond,
• Des robinetteries fabriquées à l’aide d’une imprimante 3D,
• Des papiers peints waterproof aux étonnants décors panoramiques qui se posent y compris dans la douche…

Les matériaux : la cohabitation est en place…
Les receveurs en céramique sanitaire ont, en 2017, retrouvé de la croissance (+10,5 % en volume selon l’Afisb), tandis que les modèles en matériaux de synthèse (béton de résine, polyuréthane et solid surface, mousse dure de polystyrène prête à carreler…) et en acier émaillé ont également connu une évolution plus que positive. Tous les céramistes ont désormais intégré le solid surface et le béton de résine gelcoaté dans leur catalogue. C’est notamment le cas de Vitra, qui propose quatre matériaux pour ses receveurs de douche (céramique, solid surface, acrylique, béton de résine), et annonce l’obtention d’une finition antiglisse PN24 sur ses modèles en céramique. De leur côté, les spécialistes des matériaux de synthèse élargissent leur offre avec le mobilier, les panneaux d’habillage des murs de la douche qui permettent de créer des salles de bains harmonisées…
Mais la tendance est à la montée en gamme, avec une utilisation avisée des différents matériaux, et à l’amélioration de leurs performances techniques. Ainsi, avec le receveur Aquos, Roca propose un béton de résine revêtu d’une couche de gelcoat cinq fois plus épaisse que la moyenne, pour une meilleure résistance. Duravit a lancé Shower + Bath, une baignoire douche non pas en acrylique mais en solid surface qui, plus design, renouvelle le genre en le tirant vers le haut de gamme. Quant à Kinedo, il a conçu une gamme de différents matériaux exclusifs, répondant aux besoins des installateurs, dans tous les niveaux de gamme.
Toutefois, les développements ne sont pas terminés et les matériaux de synthèse continuent d’évoluer avec, notamment, des acryliques qui ressemblent à s’y méprendre au solid surface, mais aussi au béton de résine et au polyuréthane, dont le rendu de surface structuré imitant la pierre, le tissu, le cuir, le béton, etc., a fait le succès fulgurant que l’on connait. D’autres matériaux arrivent, la plupart du temps extrêmement légers, et au caractère décoratif encore plus affirmé. Citons pour exemple le verre cellulaire, chez Wirquin, via la société Marmox, avec des habillages en solid surface, mais aussi en feuille de pierre.

Plus de déco dans les sanitaires publics
Les produits destinés aux sanitaires publics sont en train de faire leur révolution esthétique. Une tendance émergente, qui est aussi une nécessité selon les fabricants spécialisés : l’évolution des salles de bains vers plus de style, de déco et d’harmonie oblige les maîtres d’ouvrage à suivre le mouvement et à monter eux aussi en gamme pour offrir plus de confort dans les lieux publics. Mais c’est aussi devenu une question d’image : nul n’est à l’abri des Instagrameurs et autres pratiquants des réseaux sociaux, toujours prompts à relater en photos leur « expérience client » des toilettes douteuses de tel musée, restaurant, bar, centre commercial, salle de sport… C’est ainsi que les produits destinés aux lieux publics évoluent vers plus de design.
Les sanitaires en Inox, matériau haut de gamme aux yeux des consommateurs, sortent des collectivités dites dures et apportent une touche contemporaine aux toilettes publiques.
Des solutions intégrées apparaissent, à l’instar du meuble trois-en-un de Supratech, qui combine savon, lavage et séchage des mains au lavabo, limitant les salissures en maintenant l’utilisateur au-dessus du point d’eau.
Toutefois, le design ne doit pas faire oublier les exigences d’hygiène. Celle-ci est améliorée grâce au développement des robinetteries automatiques, en particulier pour les urinoirs, dont les utilisateurs ont de plus en plus de répugnance à actionner les boutons-poussoirs (Presto). En plus d’être automatiques, elles sont aussi encastrées (Delabie), grâce à des boîtiers étanches adaptés, qui facilitent et la pose et la maintenance. Signalons qu’une nouvelle norme NF encadre les performances spécifiques des robinetteries destinées aux établissements de santé : la NF 077 MM (comme milieu médical) : flexibles d’alimentation, brise-jet, caractéristiques dimensionnelles (bec, hauteur de goutte, manette de commande)… La certification est en cours, les premiers modèles étant annoncés pour la fin de l’année 2018 (Delabie, Presto…).

La technologie au service de la pose
Simplifier la mise en œuvre est un leitmotiv chez les fabricants. Ceux-ci sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à se tourner vers les installateurs pour mieux répondre à leurs besoins et élaborer avec eux de nouvelles solutions. C’est d’ailleurs la méthode qu’a employée Nicoll, par exemple, pour la technologie Magnetech, qui équipe deux de ses bondes de douche et permet de réduire la hauteur d’encastrement du receveur tout en assurant, sans eau, la fermeture du siphon. Car la douche reste tendance, notamment la douche de plain-pied, dont on sait qu’elle est très exigeante en termes de pose (encastrement, étanchéité…), suscitant toujours la créativité des industriels. Il en résulte des produits-solutions, souvent inédits, toujours ingénieux. Outre la technologie Magnetech de Nicoll, déjà évoquée, on peut signaler, son raccord en matériau de synthèse sans joint, pour tubes multicouches, le Fluxo-P. Celui-ci délivre une section de passage équivalente à celle des raccords laiton Fluxo et jusqu’à 40 % supérieure aux raccords en matériaux de synthèse classiques. Chez Bette, spécialiste de l’acier titane vitrifié, le nouveau support de receveur de douche, qui s’intègre dans une gamme de trois plus ou moins sophistiqués. Ces derniers ont pour vocation de faciliter la pose des receveurs ultraplats tout en améliorant l’isolation acoustique et en facilitant la mise en œuvre de l’étanchéité. Ils sont compatibles avec la nouvelle bonde du fabricant, très particulière : en déportant la garde d’eau dans la canalisation, elle est moins haute et facilite l’évacuation de l’eau.


Marianne Tournier

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